L'IDENTITE
MILAN KUNDERA
Edition Gallimard, 164 pages, 89FF.
Chantal, femme de son temps, en arrive à la conclusion que les hommes ne savent plus séduire les femmes ; ce sont de gentils papas plus intéressés à faire voler un cerf-volant qu’à courir les jupons. Aucun homme ne pourra plus se retourner sur elle. Sciemment elle fait part de son inquiétude à Jean-Marc, son mari. Croyant à une crise due à la peur de vieillir, il s’emploie à jouer les admirateurs anonymes en lui adressant des lettres pour la réconforter. Ils se perdent.
Kundera nous assène des phrases assassines qui ont pour but de nous exposer ses théories toutes faites sur les thèmes de la vie que sont l’amitié, l’amour et la mort. C’est Jean- Marc qui a le rôle du philosophe et Chantal celui de la nymphomane qui, comme toutes les femmes, cache ses secrets sous ses soutiens-gorge. Kundera a perdu son identité. Espérons que comme ses héros, ce sera pour mieux la retrouver. Etait-il nécessaire de faire si compliqué pour avertir le lecteur que chaque être est double et qu’il est donc si difficile de reconnaître l’autre ?
Les petites phrases, les flash-back n’arrivent pas à nous mettre en haleine. On a bien du mal à s'identifier ou à prendre du recul, le lecteur aussi est perdu.
La langue est bien maniée surtout lorsqu’on sait que Kundera est de langue maternelle tchèque, mais malheureusement les mots ne coulent pas comme dans les romans précédents. Les inconditionnels de Kundera seront déçus mais attendront le prochain avec plus de curiosité. Kundera refuse de venir parler de ses écrits aux médias, ne l’en blâmons pas, au contraire, nous ne saurons donc pas quel était son but. Gallimard aurait-il été impatient de le publier ?
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